CE QUE NOUS DÉSIRONS EST SANS FIN  (paru aux Éditions l’Oeil du souffleur)


Texte et mise en scène JACQUES DESCORDE Avec PATRICK AZAM GASPARD LIBERELLE CEDRIC VESCHAMBRE Scénographie CAMILLE ALLAIN DULONDE Vidéo FANNY DERRIER Musique En cours Création lumière ARTHUR GUEYDAN Mise en mouvement AURORE FLOREANCIG Costumes / Stylisme VALERIE PAULMIER Construction En cours


Production La compagnie des Docks / Théâtre des Ilets – Centre dramatique national de Montluçon / CA2BM Agglomération du montreuillois


Contact production/diffusion VALERIE PAULMIER / 0607995845 / lacompagniedesdocks@gmail.com


PERIODE DE CRÉATION

Un premier temps de résidence de création est prévu du 25 janvier au 5 février 2021 au théâtre les Ilets / Centre dramatique national de Montluçon puis du 17 au 27 août 2021 et du 3 au 9 janvier 2022 au centre culturel Carré Sam à Boulogne sur mer puis du 15/02 au 28/02/2022 au théâtre les Ilets / Centre dramatique national de Montluçon avec 3 représentations les 1/ 2 / 3 mars / 4 représentations au Carré Sam dans la semaine du 7 au 12 mars / 2 représentations au théâtre de Montreuil sur mer dans la semaine les 14 et 15 mars puis 3 représentations les 29/30/31 mars au TAPS de Strasbourg.



Un fils qui ne supporte plus son père rêve de le tuer. Un de ses amis propose de s'en charger. Alors dans le ciel, des murmurations deviennent si denses que la nuit se fait brusquement. Les couteaux s'aiguisent et des fantômes à tête d'oiseau de proie tambourinent aux portes.


EXTRAIT

« Juste savoir ce qu’il faut faire. Juste ça et ça ira mieux, un peu mieux. Chaque jour se dire que ça progresse que quelque chose de mieux est en train d’arriver. Ne pas casser l’envie de voir venir ça et ne pas chercher à contrôler. Laisser venir ce qui doit venir et c’est tout et ce qui va venir sera bien tu le sais tu le sens non? Enfin en tout cas c’est comme ça qu’on voudrait que ce soit c’est à dire que ce soit bien et d’ailleurs tu dois toujours te dire ça. Tu ne dois pas t'interdire de te dire ça. On est libres de se dire tout ça on ne doit pas se laisser aller à des idées complexes à des idées noires non non non non ça ira bien il faut se dire ça, ça ira même très bien. Il suffit de se le dire. Il suffit d’en être convaincu et il faut s’en convaincre et ça ira bien tu verras sinon ce n’est pas possible de vivre tout le temps avec des idées complexes et des idées noires en tête qui te feront dire que ça n’ira pas du tout que tout va s’arrêter que tu n’arriveras pas à faire ce que t’as à faire et que ta vie va basculer dans un trou noir non non ça ne peut pas se faire comme ça. Ça ne peut pas. Il faut réagir. Il faut se tenir. Il faut de la tenue sinon c’est la boue, la boue qui se déverse dans ta tête, la boue qui remplit tout et qui engloutit tout non ta digue doit tenir coûte que coûte je ne dis pas dans tout cela que parfois tu peux te sentir un peu plus faible que d’habitude et laisser venir cette boue te dégueulasser un peu les baskets je ne dis pas parfois ça peut arriver oui parce que tu n'es pas une machine non plus mais vraiment en règle générale il faut avoir de la tenue te tenir droit et dans ton corps et dans ta tête et ça ira et ça viendra, le désir. Tu verras. Ça viendra ».


A PROPOS DU TEXTE

Je m’inspire librement d’une affaire jugée aux assises de paris il y a quelques années. Un adolescent de 17 ans fait assassiner par son ami son père à coups de marteau. Une affaire terrible aux multiples rebondissements dont celui-ci : suite à des recherches ADN puisqu’il s’agit de déterminer s’il y a parricide ou pas, on apprend lors du procès que le père n’est en fait pas le père biologique. Une histoire de grand mensonge en somme, à première vue. Mais n’est-ce pas aussi une histoire d’humiliation du fils par son père. Un père qui jugeait son fils très décevant, incapable comme il l’aurait tant voulu de suivre des études scientifiques. N’est-ce pas également une histoire de vengeance de la part de l’ami ? Une histoire de vengeance par procuration ? Lui qui fût abandonné par sa mère, recueilli par sa grand-mère qui elle-même l’a ensuite abandonné avant qu’il ne soit finalement recueilli par un oncle. N’a-t-il pas proposé ce macabre projet pour en découdre par procuration donc avec la famille ? Est-ce un grand manipulateur ? Un fou dangereux ? Quelle est la nature de la relation entre les deux jeunes gens ? Une amitié toxique ? Une relation d’emprise ? Lors du procès, les experts ont tenté de répondre à toutes ces questions, mais en vain. Ils n’ont su décrypter les raisons de ce crime et ils n’ont donc pas pu déterminer le mobile. Et c’est cette absence de mobile qui était au coeur du procès et qui constitue le ressort principal de la pièce. Il y a bien le comment : comment s’est créé le rapport d’emprise, l’osmose, l'émulation infernale entre ces deux jeunes hommes au point de faire d'un projet terrible une tragédie réelle ? Mais il n’y a pas le pourquoi. J’ai écrit « Ce que nous désirons est sans fin » comme un thriller psychologique où la question centrale du désir se joue et celles sous-jacentes à tout échange : « Que me veux-tu ? », « Ne vois-tu rien venir ? ». La menace est omniprésente, grandissante, circule au sein et autour de la maison familiale comme un grand serpent de mer. Un grand serpent de mer prêt à mordre.  JACQUES DESCORDE.


@photo Lola Descorde.