Photo de Fanny Mbaye Derrier

Dossier du spectacle.

(Texte paru aux Éditions l’Oeil du souffleur)

Un fils qui ne supporte plus son père rêve de le tuer. Un de ses amis propose de s’en charger. Alors dans le ciel, des murmurations deviennent si denses que la nuit se fait brusquement. Les couteaux s’aiguisent et des fantômes à tête d’oiseau de proie tambourinent aux portes.

Je m’inspire librement d’une affaire jugée aux assises de paris il y a quelques années. Un adolescent de 17 ans fait assassiner par son ami son père à coups de marteau. Une affaire terrible aux multiples rebondissements dont celui-ci : suite à des recherches ADN puisqu’il s’agit de déterminer s’il y a parricide ou pas, on apprend lors du procès que le père n’est en fait pas le père biologique. Une histoire de grand mensonge en somme, à première vue. Mais n’est-ce pas aussi une histoire d’humiliation du fils par son père. Un père qui jugeait son fils très décevant, incapable comme il l’aurait tant voulu de suivre des études scientifiques. N’est-ce pas également une histoire de vengeance de la part de l’ami ? Une histoire de vengeance par procuration ? Lui qui fût abandonné par sa mère, recueilli par sa grand-mère qui elle-même l’a ensuite abandonné avant qu’il ne soit finalement recueilli par un oncle. N’a-t-il pas proposé ce macabre projet pour en découdre par procuration donc avec la famille ? Est-ce un grand manipulateur ? Un fou dangereux ? Quelle est la nature de la relation entre les deux jeunes gens ? Une amitié toxique ? Une relation d’emprise ? Lors du procès, les experts ont tenté de répondre à toutes ces questions, mais en vain. Ils n’ont su décrypter les raisons de ce crime et ils n’ont donc pas pu déterminer le mobile. Et c’est cette absence de mobile qui était au coeur du procès et qui constitue le ressort principal de la pièce. Il y a bien le comment : comment s’est créé le rapport d’emprise, l’osmose, l’émulation infernale entre ces deux jeunes hommes au point de faire d’un projet terrible une tragédie réelle ? Mais il n’y a pas le pourquoi. J’ai écrit « Ce que nous désirons est sans fin » comme un thriller psychologique où la question centrale du désir se joue et celles sous-jacentes à tout échange: « Que me veux-tu ? », « Ne vois-tu rien venir ? ». JACQUES DESCORDE.

Les dates -Les 1/ 2 / 3 mars au théâtre les Ilets / Centre dramatique national de Montluçon (3 rep.) -Les 10/11/12 mars au centre culturel le Carré Sam à Boulogne-sur-Mer (4 rep.) -Le 15 mars au théâtre de Montreuil sur mer (2 rep.) -Les 29/30/31 mars au TAPS de Strasbourg (3 rep.) -Festival off d’Avignon 2023.

@photo Fanny Mbaye Derrier.