Actualités

On va sillonner avec joie bientôt les routes et chemins de la Côte d’Opale pour aller jouer chez l’habitant, dans les médiathèques, les bibliothèques, les théâtres, les centres sociaux, les CCAS, les granges, les salles des fêtes, les lieux alternatifs…

Le 18 novembre à 19h, ce sera à la maison de quartier Jean Pierre Maurouard au Portel.

Et ça commence comme ça :
 » Mercredi 18 mars 2020.
Dans la cuisine, petit oiseau ma mère se tient là, devant moi, debout, bien droite. Elle se tient là, souriante, debout, bien droite et nous nous tenons à distance l’un de l’autre. Nous avons pourtant envie de nous serrer fort dans les bras, de nous embrasser mais nous ne le faisons pas. Nous respectons les consignes de la «distanciation sociale» comme ils nous disent à la télé car ma mère qui se tient là, souriante, debout, bien droite devant moi comme un petit oiseau aux aguets est un petit oiseau fragile qui aura bientôt 92 ans.
Alors ce matin, de ce deuxième jour du grand confinement, dans la cuisine, nous nous tenons là, bien disciplinés à trois kilomètres l’un de l’autre, avec déjà le souvenir lointain si bon de l’étreinte.
Comme j’habite un peu loin, je viendrai la voir tous les trois ou quatre jours. Oui, je suis le fils qui a toujours habité un peu loin et qui a toujours donné des nouvelles quand il y pensait cet égoïste et qui n’était donc pas toujours là lors des grands repas de famille, les anniversaires et les baptêmes radieux, les grandes communions fanfaronnantes et les mariages aux deux cents invités dansant jusqu’au bout de la nuit des javas endiablées cadencées par l’orchestre de l’oncle Claude et où chaque fois, au trou normand, un autre oncle, l’oncle Gérard, nous réapparaissait en tante Marguerite.
Aujourd’hui, même si je quitte Paris pour revenir m’installer sur la terre natale, de cette terre, la côte d’Opale, où l’on voit la mer se diluer dans le ciel blanc, aujourd’hui j’y reviens mais je reviens à bonne distance de la ville d’origine, Boulogne sur mer. Comme s’il m’était impossible d’y revenir complètement,. Comme si la distance comme la « distanciation sociale » me protégeait de certains échos de l’enfance. »

Du 10 au 17 octobre.

Occident

La pièce OCCIDENT en tournée au théâtre des Bambous à la Réunion avec le théâtre des Ilets – Centre dramatique national de Montluçon.

Occident c’est une histoire d’amour et de haine. ELLE et LUI se retrouvent tous les soirs pour le même cérémonial: LUI rentre de sa tournée des cafés, souvent aux rendez-vous des fachos de comptoirs, soul, et commence par l’injurier. ELLE tient sa haine à bout de bras, tangue un peu sous le flot des insultes, lutte pied à pied, tente de résister au courant d’eau sale dans lequel LUI se noie chaque jour d’avantage et qui menace de les emporter tous deux.

Texte / Rémi De Vos / Mise en scène et Interprétation / Carole Thibaut & Jacques Descorde / Création technique / Mariam Rency assistée d’Arthur Gauvin 

Les 20/21/22 octobre.

Bus et balades poétiques

Egalement avec le théâtre des Ilets, la compagnie des Docks propose une immersion poétique en bus de Montluçon jusqu’à Hérisson, pour ensuite découvrir le spectacle de La Belle Meunière au Cube.

« Le 19h03. C’est un bus spécial. Un bus qui roule vers le pas de tir B39 de la fusée Artemis en Floride au centre spatial Kennedy. C’est un bus de joies et de promesses infinies dont celles de flirter avec les constellations et la voûte céleste. Alors ça plane fort dans le bus de 19h03. Ça ‹apesante›. Ça divague. »

Le samedi, le trajet en bus se poursuivra ce jour-là par une balade poétique de 45 minutes environ, à pied, avant de rejoindre Le Cube pour le spectacle.
« Une balade en mots et musique parmi les arbres, la chouette et le sanglier, juste en dessous du ciel lumineux. »

A partir de fin novembre

Conversations avec petit oiseau ma mère

Spectacle hors les murs / Création et diffusion sur le territoire du Montreuillois.

Texte de et mise en conférence rêveuse de et avec Jacques Descorde.

L’auteur a bénéficié pour ce texte d’une bourse de création du Centre national du livre.

Production : La compagnie des Docks.

Contact : Valérie Paulmier, chargée de production et de diffusion : 0607995845 / lacompagniedesdocks@gmail.com

LE TEXTE

J’ai écrit ce texte d’après les conversations – pour la plupart d’entre elles – téléphoniques avec ma vieille mère de 92 ans en temps de confinement. Des échanges téléphoniques qui n’excédaient pas deux minutes et où elle me parlait de tout et de rien, des petites choses de la vie, du temps qu’il fait, de comment faire les courses, du ménage encore à faire, de comment s’occuper quand le temps devient trop long surtout l’après-midi.

Le protocole sanitaire nous obligeant à nous voir que rarement, je l’appelais donc chaque matin, comme elle l’avait décrété, « pour juste entendre ta voix ça me rassure et ça me fait ma journée ! »

J’ai retranscrit chaque jour ces petites choses de la vie comme on remplit un journal de bord. Et puis au fil de ces jours, ces petites choses de la vie sont devenues, avec mes réponses et interprétations, un recueil de chroniques journalières sur la vie d’une femme, ma vieille mère. Et de chronique en chronique, au-delà d’elle, c’est toute l’immensité de la vie qui a surgi, avec son lot de joies et de souffrances, le tout avec quelque chose d’indicible.                                                            

 Jacques Descorde

LA FORME

« Conversations avec petit oiseau ma mère » est présenté sous la forme d’une conférence avec le matériel qui va avec : écran blanc sur pied, vidéoprojecteur, pupitre, micro, enceintes, et projecteurs. Une conférence rêveuse rythmée par la poésie, le surréalisme, le grotesque, en images, vidéos et en sons, nés des déclarations ahurissantes de quelques grands dirigeants de ce monde, des discours alarmistes, des hypothèses folles d’experts de tout poil mais aussi et surtout de nos tentatives joyeuses à vouloir tuer le temps et l’ennui lors des confinements successifs.

La compagnie des Docks mène un travail de recherche, de création, de diffusion, de sensibilisation et de formation autour des écritures contemporaines. Elle est subventionnée par le Ministère de la Culture/DRAC Hauts de France, la Région Nord Hauts de France et le Conseil Départemental du Pas de Calais.